Les vendredis du Vox le 26 Mai à 18h30

« THE YOUNG LADY »

Film Britannique de William Oldroyd en VOSTF (1h29)

Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Valenciennes.

SYNOPSIS

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion.

Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

Dans ce film, l’héroïne clame son ardent désir de liberté, son besoin d’exister et d’exulter physiquement. Ce qui apparaît comme un récit d’émancipation féminine prend toutefois une tournure fort surprenante. Un peu comme si Hitchcock venait y semer le désordre, y injecter une dose de perversité.  

Le féminisme du début du film laisse place à une ambiance glaçante et perturbante : la jeune femme qui ne demande que la liberté au début sera finalement prête à tout par amour. On suit atterrés le changement radical de sa personnalité, pour assister  à la fabrication d’une véritable bombe à retardement d’une quasi-esclave, tentant de se débarrasser de ses jougs jusqu’à devenir incontrôlable.

C’est partant de cette fureur que le film se déploie, en tant que portrait contenu d’une rage qui enfle dans le sein d’une femme niée comme individu mais décidée à se battre pour faire prévaloir ses désirs, à une époque où le sexe féminin était tenu à l’intérieur, enserré dans des corsets et crinolines, étouffé par l’ennui. Oldroyd dépeint de main sûr les conséquences de cette situation, sans les justifier ni les juger, à travers une de ces femmes, qui va perdre jusqu’à son compas moral et sa conscience.

À la fois victime et bourreau, Katherine incarne cette forme d’innocence réduite en morceaux par une société toujours plus oppressive, apte à engendrer ses propres monstres – dont elle sera l’un des spécimens les plus brillants.

Au cœur d’une nature farouche et d’intérieurs stricts, étouffants malgré leur dépouillement, Oldroyd en magnifie la noirceur, le fiel et la modernité avec une douceur étonnante, sans excès, mais toujours avec piquant et réussit un drame sec et puissant, porté par Florence Pugh, incandescente en héroïne complexe .

Bande Annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569221&cfilm=249321.html

Prochains vendredis du Vox : A voix haute : la force de la parole, « Leçon de classe » le 16 Juin (Festival CinéMondes), Une famille heureuse, Sing Street (Fête de la musique), La jeune fille et son aigle, La confession, Rodin, Maman a tort, L’Amant double, De toutes mes forces, Aurore, Emily Dickinson, I am not your negro, Les fantômes d’Ismaël .